20 novembre 2017

La méthode d’éducation danoise pour faire des enfants heureux

Comme tout les parents, j’essaie au quotidien d’offrir le meilleur à mes enfants, de les éduquer dans la joie et le respect. J’ai été interpellée par l’éducation positive et la bienveillance, mais j’ai beau lire des bouquins pour me donner des trucs, quand la fatigue me rattrape, que ma deuzan tape des pieds en criant alors que bébé hurle pendant que je fais mon souper, la patience me manque. Il faut que je l’avoue, les livres et articles sur le sujet me font souvent sentir vraiment mal, comme si j’étais la seule qui ose s’impatienter ou lever le ton. En plus, je ne peux pas toujours avoir en tête les 50 règles d’or de l’un et les 100 conseils de tel autre. Heureusement, en discutant avec les mamans autour de moi, je me rassure de savoir que je ne suis pas la seule à rencontrer ces difficultés, mais que l’on s’entends toutes pour dire qu’on aimerait avoir plus de moyens pour venir à bout des crises en toute zénitude.

Il y a quelques temps, j’ai assisté à une petite conférence sur l’art de vivre Danois et j’y ai appris que le Danemark est reconnu pour avoir la population la plus heureuse au monde. Apparemment que cela serait dût à la façon dont ils éduquent leurs enfants, pour qu’ils deviennent des adultes heureux, qui feront des enfants heureux et ainsi de suite. Suite à la conférence, je me suis procuré le fort intéressant livre The Danish Way of Parenting, dans lequel on apprend le mode d’emploi de l’éducation danoise, dont les principes s’appuient sur l’acronyme  P-A-R-E-N-T.

Play (Jouer)

L’apprentissage par le jeu libre occupe une place très importante dans l’éducation des petits Danois. L’enfant peut lui même choisir ce qu’il veut faire, décider des règles et du cadre de l’activité, et surtout déterminer le début et la fin de la période de jeu. Il est donc important de laisser du temps dans la semaine pour les jeux libres, sans restrictions de temps et par conséquent éviter de remplir les fins de semaine de cours et activités programmées. Le jeu permettrait à l’enfant de développer de la résilience et de retomber facilement sur ses pieds, ce qui réduirait considérablement l’anxiété chez les enfants et adolescents, puis naturellement jusqu’à leur vie d’adultes. Le jeu libre ne signifie par forcément de jouer seul, le parent peut participer si l’enfant le désire. L’important est d’offrir du temps, un cadre approprié et de laisser l’enfant vous guider.

Authenticity (L’authenticité)

L’authenticité parentale permet à l’enfant de comprendre que son parent aussi peut rencontrer des difficultés ou qu’il connait aussi des déceptions, mais qu’avec persévérance et efforts les épreuves sont surmontées. Lorsqu’un enfant échoue, on l’invite à recommencer encore et encore, et surtout pas de faire les choses pour lui ou lui dire que ce n’est pas grave s’il ne réussis pas. On garde le focus sur ce qui a été accompli, le progrès et non pas le résultat final. Les Danois sont des gens modestes et plutôt que d’inonder leurs enfants de compliments sur leurs réussites, ils préféreront souligner les efforts que l’enfant à mis pour parvenir à ses fins. Ainsi, l’enfant apprend qu’il devient meilleur à force de se pratiquer et non qu’on est bon ou mauvais à ceci ou cela. Ce mode de pensée croissant ou évolutif (growth mindset) lui servira toute sa vie à être confiant qu’il peut atteindre ses buts à force de travail et de persévérance.

Reframing (Recadrer)

Les mots que l’on choisis pour réagir à une situation sont bien souvent teintés par la façon dont nous abordons la vie. Notre cerveau, par habitude et notre influence culturelle, remarque d’avantage le négatif que le positif dans une situation donnée. Ainsi notre perception de cette situation sera fort probablement négative, alors qu’elle pourrait être neutre ou même à l’inverse, positive. Hein ? Voici un exemple pour mieux comprendre:

Mr. chose dit : il fait très froid aujourd’hui, il neige et en plus les routes sont vraiment glissantes. Je parie qu’il y aura plein de trafic.

Le Danois répond : ça tombe bien, j’ai prévu rester à la maison aujourd’hui.

Ainsi, au lieu de se plaindre du temps, le Danois voit la situation dans sa totalité et en tire le positif.

Nous gagnerions donc à recadrer notre vision des choses pour y voir plus de positif, ce qui contribuerait à moins anxieux et augmenter le sentiment naturel de bien être.  Cela aurait assurément une influence sur nos enfants et leur propre vision des choses. Ainsi en augmentant leur optimisme, ils seraient plus enclin a devenir des adultes résilients qui retombent sur leurs pieds lorsqu’ils rencontrent des difficultés.

Alors, et si on changeait de lunettes pour voir la vie d’un nouvel œil?

Empathy (L’empathie)

Saviez-vous qu’une partie spécifique du cerveau s’active lorsque l’on entre en relation avec des gens? En effet, le cerveau social nous permet de connecter avec les autres et de les comprendre. Bien que l’empathie se développe au courant de la vie, de nouvelles études ont démontré que les bébés seraient déjà capable d’empathie, dès la naissance. Ils sont instinctivement branchés  sur les émotions de leur figure d’attachement et cela leur permet de développer une relation. Le modèle parental est crucial dans le développement du sentiment empathique et c’est en aidant l’enfant à décoder ses propres émotions qu’on peut y parvenir. L’enfant qui accueille et comprend ses propres émotions sera mieux outillé pour accepter et comprendre celles des autres, lui permettant ainsi de développer des relations saines au courant de sa vie. Les Danois pensent d’ailleurs que veiller au bien-être d’autrui est important pour leur propre quête du bonheur. Les écoles enseignent l’empathie par le biais d’activités ludique aux enfants d’âge préscolaire et scolaire et cela tend à diminuer le taux d’intimidation. Ainsi, en tant que parent, donner l’exemple à la maison en évitant le jugement, en étant tolérant et authentique contribuerait grandement à favoriser l’empathie de nos enfants.

No ultimatums (Aucune conséquences)

Les Danois prônent une discipline démocratique, où les règles établies doivent être respectées mais peuvent également être questionnées par l’enfant. Une intervention ferme et respectueuse est toujours privilégiée, il est très rare de voir un Danois crier après son enfant pour le discipliner. D’ailleurs, la fessée y est illégale depuis 1979. Les punitions et conséquences sont à éviter, car elles entraîne l’obéissance et non la collaboration sur le long terme. Ainsi, l’enfant obéit sans se questionner, par crainte d’être réprimandé ou puni et cela peut mener à une faible estime de soi, de moins bonne aptitudes sociales, etc. Pour les Danois, crier après un enfant et s’attendre à ce qu’il se calme avec cette intervention est totalement illogique. Ils croient plutôt que le parent se doit de garder son calme pour donner l’exemple à l’enfant et également pour le traiter avec respect. Il est préférable de choisir ses batailles et de laisser l’enfant être un enfant; choisir des vêtement dépareillés, ne pas manger ses légumes, jouer 5 minutes de plus etc. En fait, l’important est de garder son calme et de faire une intervention posée, respectueuse et claire pour que l’enfant comprenne bien ce qui lui est demandé. Finalement, il faut distinguer la personne de son action, donc se rappeler que c’est ce que l’enfant a fait qui est mal et non lui-même. L’enfant pourra apprendre de ses erreurs et évoluer si on le considère positivement comme étant capable de bien se comporter. Ils sont notre reflet dans le miroir, donc intervenons avec respect pour obtenir le respect.

Togertherness (Passer du temps ensemble)

Au Danemark, on voue un tel culte au temps passé ensemble qu’il y a même un terme précis pour l’exprimer; le hygge. Il s’agit d’un moment ou l’on s’installe en famille et entre amis, dans des vêtements confortables, pour siroter café ou chocolat chaud et discuter, jouer à des jeux, cuisiner ensemble etc. La plupart des familles allument des bougies pour rendre le moment encore plus enveloppant, encore plus  »hyggelig ». Cela permet de nouer des liens forts en famille, et aussi de sociabiliser car le hygge se pratique aussi beaucoup avec les amis. Il s’agit d’un moment ou il est privilégié de parler au Nous et non au Je. La famille occupe une place supérieure à chaque individu qui la compose, c’est extra, non? Ce sentiment d’appartenance donne un sens et un but à la vie, ce qui contribue grandement au bonheur.

En conclusion

Gardez en tête que ce que les auteurs suggèrent sont des lignes directrices que vous pourrez adapter à votre propre réalité et selon vos valeurs. Ce n’est pas une recette miracle évidemment car cette méthode demande un travail sur soi, mais comme les Danois sont reconnus pour être aussi heureux, il me semble que ça vaut la peine d’essayer, ne serais-ce que d’intégrer quelques éléments pour sentir moins de stress et être plus zen.

Pour en savoir plus, visitez le site http://thedanishway.com

Sur ce, respirons et gardons le sourire !

Un peu plus sur l’auteure

Patricia Lachance

Je suis la super maman de 2 petits enfants de moins de 2 ans; la belle Olivia et le petit Lucas. Après avoir eu ma fille en 2015, j’ai mis de côté ma carrière dans le domaine du tourisme et de l’hôtellerie pour devenir maman à la maison. Naturellement, j’ai d’autres intérêts dans la vie que faire du ménage, de la lessive et changer des couches… J’adore par exemple découvrir et tester toutes sortes de produits liés à la maternité et aux bébés. J’en partagerai d’ailleurs mon appréciation à travers divers articles. J’ai aussi une passion pour la bouffe, j’aime manger, je pense à la bouffe en mangeant, et je cuisine pour me détendre. Ça, ou je sors un livre et m’endors au bout de 3 pages! Mais en réalité, je suis par dessus tout une passionnée des voyages. Je vous ferai part de mes bons plans et suggestions, car OUI, on peut encore voyager avec des enfants et pas juste dans des tout-inclus!

Pour voir les autres articles de Patricia c’est ICI!

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