14 octobre 2018

Avoir moins d’enfants… pour l’environnement?

Il n’y a pas si longtemps, avoir une famille nombreuse était normal. On n’était pas sidéré d’apprendre que Mme Simard était enceinte pour la 11e fois. On ne jugeait pas les couples qui avaient un enfant par année. C’était même bien vu. Aujourd’hui, la game est totalement différente. Je n’ai « que » 3 enfants, et on considère que j’ai une famille nombreuse. On m’a déjà demandé si les trois étaient les miens. Heu, come on. Nous jugeons les familles qui désirent avoir plus d’enfants que la moyenne. Pour être honnête, je lis beaucoup de commentaires sur Facebook, notamment, concernant les multi-multipares. C’est « drôle »; il y a plusieurs années, personne n’aurait osé dire qu’une femme tombait enceinte pour les allocs du 1e et du 20… alors qu’aujourd’hui, on lit ce commentaire régulièrement.

Baisse du taux de natalité

On remarque également une baisse du taux de natalité, principalement dans les pays développés. Les produits de contraceptions sont offerts, il n’est plus taboo de parler de vasectomie.. bref, les couples cessent d’avoir des enfants plus facilement qu’avant. Et plus rapidement. Il faut dire aussi que selon le dernier recensement, plusieurs femmes décident d’attendre la trentaine pour avoir leur premier enfant. Effectivement, plusieurs choisissent de bien s’établir au travail, de se trouver une maison adéquate, de réduire les dettes avant d’embarquer dans le monde de la maternité.  Pas pour rien que lorsque nous avons 3 enfants avant d’atteindre l’âge de 30 ans, on est presque bizarroïde!

Nouvelle tendance écologique: avoir un enfant de moins.

Vous avez bien lu. Cette tendance écologique est de plus en plus populaire dans le monde; on en parle présentement en États-Unis; certaines femmes sont même appelées les Ginks (Green Inclinations No Kids). D’autres militent activement en France afin de faire descendre le taux de natalité. Selon certaines études, comme celle publié dans Environmental Research, semblerait-il qu’une famille qui choisit d’avoir un enfant de moins permet le même niveau de réduction de Co2 que plus de 650 adolescents qui décident de recycler leurs déchets durant le reste de leur vie. L’impact semble effectivement notable et considérable.

Le problème avec ce genre de mouvement? Ceux qui n’y adhèrent pas deviennent souvent les méchants. Les responsables. « Ah tu as 6 enfants? Le réchauffement climatique ne te tient pas à coeur, j’en conclue! »  Et bien, sachez qu’il est possible d’avoir de nombreux enfants et quand même réduire notre impact environnemental!

Constatations personnelles

J’ai déjà écrit un article intitulé Être une femme écolo en 2018. J’y discutais certaines actions que je posais afin de réduire mon empreinte écologique. Mais peut-on le faire en tant que famille? Bien sûr, tout le monde peut utiliser, par exemple, des sacs réutilisables. Plus l’épicerie est grosse, plus l’impact est notable. Même chose pour les sacs à fruits et légumes; j’ai d’ailleurs fabriqué les miens à partir de vieux rideaux blancs.

Pour cet article, j’ai tenté d’observer les comportements des familles autour de moi, des couples, des personnes seules. J’ai tenté de voir si vraiment, plus on est nombreux, plus on cause de dégât environnemental. Voici les constatations que j’ai pu faire. Certes, ces constatations n’ont pas de poids contre des études et recherches, mais m’ont offert un portrait global de mon entourage. Ceci se base sur les observations faites, mais également sur des petites entrevues menées auprès de différentes personnes ayant des statuts différents.

 

1- La plupart des personnes en seules ou en couple consommaient beaucoup plus de « prêt-à-cuire » ou d’aliments transformés nécessitant peu de préparation pour la cuisson. Il est certain que je n’achète peu ou pas de ce genre d’aliments; mon épicerie me coûterait sans doute le double du prix, si pas le triple.

  • Ces aliments sont habituellement offerts dans des contenants de plastique individuels: un repas; un contenant. Ceci amène à beaucoup de déchets ou de recyclage inutile. Faire une grosse batch de sauce à spag est peut-être plus long que d’acheter des repas congelés, mais ceci permet de faire plusieurs repas sans utiliser de contenants individuels non-réutilisables.

2- Plusieurs personnes de mon entourage ignorent qu’ici, nous n’utilisons pas de papier de toilette pour les #1 (nous fabriquons nos essuis-pipis en flanelle) ni d’essuis-tout aux repas.

  • Considérant qu’un  Canadien moyen utilise environ 22 kg de papier-tissu par année ( alors que la moyenne mondiale est de moins de 4 kg par an), le fait d’utiliser du papier de toilette lavable peut faire une différence. Ces petits tissus, fabriqués à partir de vieux pyjamas, représentent l’équivalent de 2 carrés de papier de toilette. Aucune femme ne peut affirmer être à l’aise à n’utiliser que 2 carreaux…  ! On les entrepose dans une vieille boîte de mouchoir; la grandeur est parfaite. Une fois souillées, on les dépose dans un bac à céréal fermé, situé sur le côté de la toilette. Aucune odeur n’en émane. Lorsqu’on lave les vêtements de couleurs, on met les tissus souillés. Puisqu’on n’utilise que du savon biodégradable sans parfum, aucun souci pour les petits carreaux! Nous avons réduit de plus de la moitié notre utilisation de papier de toilette et d’essuis-tout.

3- Lorsqu’on est peu nombreux, on hésite moins à dépenser pour des biens moins utiles.

  • Les gens interrogés me disaient débourser environ 100$ pour des vêtements. Ce qui peut représenter 1 ou 2, voire 4 vêtements par mois. Ce n’est pas si pire, mais est-ce nécessaire? Ici, avec 3 enfants, je ne dépense même pas 100$ par 3 mois. Le truc? On réutilise, on répare, on achète seconde-main, on se fait donner et on redonne. Non seulement ceci diminue les dépenses liées aux vêtements, mais réduit la surconsommation tout en promouvant la réutilisation. Certes, des morceaux neufs peuvent nous faire plaisir, mais l’industrie du vêtement est un grand polluant mondial. La fabrication, le transport… c’est à considérer!  Le même principe s’applique aux jouets, aux livres, aux jeux de société, aux vélos…

4- Trop de personnes utilisent trop, pas assez, ou mal les bacs à ordures, à recyclage et à composts.

  • Je lisais dernièrement sur un spotted le commentaire d’une femme qui s’insurgeait face au fait que sa municipalité ait décidé de réduire la fréquence de la collecte des ordures aux 2 semaines plutôt qu’à chaque semaine. Pour elle, ça n’avait aucun sens; sa poubelle débordait. Mais ils n’étaient que 2 à la maison. Nous sommes 5, ici, et jamais mon bac de vidange est plein ou déborde. Même chose pour le recyclage. Je ne vois pas pourquoi je serais fière d’avoir un bac de recyclage plein chaque semaine. Mais tu recycles?! OUI! Mais s’il est vraiment plein, c’est peut-être parce que j’achète trop de trucs sur-emballés. Pas assez en vrac. Encore une fois ici, nous sommes 5, et aucun des bacs ne déborde!   Nous compostons aussi, grâce à l’initiative de notre municipalité. Il n’y a rien de compliqué la-dedans. Non, ça ne pue pas. Il y a peut-être des mouches ou des vers blancs dans le bac; en quoi cela devrait-il me déranger? Je ne joue pas dans ce bac-là, après tout?! Je n’y dépose que mes matières compostables, réduisant ainsi la quantité retrouvée dans mon bac noir.

5- Les familles nombreuses tentent de limiter les déplacements.

  • Pas que ce ne soit pas agréable de se promener avec notre  progéniture en voiture, mais plus on a d’enfants, souvent, plus on essaie d’éviter les longues sorties en voitures et les nombreux déplacements inutiles. Certes, nous devons parfois avoir une voiture plus énergivore, mais nous sommes rarement seul dedans! Et nous n’avons pas de Hummer non plus!

En gros…

Je comprends la notion de vouloir réduire ou du  moins limiter l’expansion de la population mondiale. Je comprends les motivations derrière le tout. Ce que je n’approuve pas, c’est le fait de pointer du doigts les familles plus nombreuses sans se regarder soi-même. Et que plusieurs actions du quotidien peuvent avoir un impact sur la qualité de notre environnement. Alors même si nous sommes seuls, ou en couple avec ou sans enfants, nous avons tous notre rôle à jouer; nous devons tous être sensibilisés.

 

Un peu plus sur l’auteure

Marie Quirion

Bonjour! Alors…Marie Quirion, c’est qui? Eh bien voilà: je suis une enseignante d’anglais depuis 2008, mais qui enseigne également en entrepreneuriat, en citoyenneté numérique et média, et en ECR. À temps partiel, je peux également me qualifier d’infirmière, de psychologue, de cuisinière, de ménagère, de traductrice, de clown, de coiffeuse, de maquilleuse, de taxi driver, de coach… Je suis une femme occupée, ma foi! Mais le rôle qui me définit le plus, celui que je comble depuis début 2010, ne fait pas partie de la liste ci-dessus. Effectivement, j’ai “oublié” de mentionner que j’étais également la mère de trois bundles of joy: Félix (8 ans, 2010), Zoë (7 ans, 2011) et le p’tit dernier, mais non le moindre, Léo (6 ans, 2012), aussi appelé Nidas. Comme dans Léonidas, le roi Sparte. Vous savez, celui qui aimait se battre? Bien c’est lui. Mais on y reviendra, si vous le voulez bien! Heureusement, mon mari et moi formons une bonne équipe qui ne peut être abattue aussi facilement que les personnages dans 300… ! Alors voilà, je vous parlerai de sujets qui me tiennent à cœur, qui me passionnent, qui me choquent ou tout simplement qui me passent par la tête au moment où je suis assise pour écrire! Au plaisir de discuter avec vous!

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