17 octobre 2018

Arrêtons de capoter: soyons juste vigilants!

Le 17 octobre 2018. Une date qui, selon certains, passera à l’histoire. Une date bien attendue par plusieurs, mais qui fait peur à beaucoup également. Pourquoi? Je vous pose la question sachant très bien que vous connaissez la réponse: Le Canada a légalisé la marijuana. Le pot. La Marie-jane. Les joints. Et là, on se questionne beaucoup: est-ce que cela va nuire aux jeunes? Va-t-on consommer davantage? Qu’adviendra-t-il des petits pushers: se tourneront-ils vers la vente de drogues plus dures pour joindre les deux bouts? Ces questionnements sont légitimes, mais je constate une vague de frayeur un peu démesurée.

 

La prohibition

Qui se souvient de cette époque? Pas moi; je n’étais pas née! Mais fut un temps où l’alcool était interdit (pis pourtant, les femmes avaient 12 enfants. Elles ont davantage mon respect #teamvino). Effectivement, vers la fin du 19e siècle, les autorités religieuses et plusieurs autres instances s’inquiétaient de la consommation d’alcool des canadiens. Ce devint officiel: l’alcool devenait interdit. C’était le début de la prohibition. Les gens ont complètement cessé de consommer de l’alcool, afin de respecter les lois.  Les gens ont commencé à fabriquer leur propre alcool dans leur cave, avec des méthodes plus ou moins douteuses. Même si au départ, le taux d’alcoolisme a chuté, la contrebande, elle, a pris son essor. Il y avait un marché: les gens voulaient boire de l’alcool, que ce soit interdit ou pas. L’alcool vendu était de piètre qualité, vendue au marché noir. Le Québec cessa la prohibition quelques semaines après son implantation, trouvant cette approche trop radicale. D’autres provinces continuèrent la prohibition un peu plus longtemps, L’Île-du-Prince-Édouard allant même jusqu’à interdire l’alcool jusqu’en 1948.

 

Qu’en est-il aujourd’hui?

Les gens boivent. Presque tous les adultes boivent. Ceux qui ne boivent pas se font presque regarder de travers, comme s’ils étaient anormaux! Les gens boivent leur bière après le travail ou leur verre de vin au souper. Les gens achètent légalement de l’alcool de qualité (ou du moins, supervisé!) et la vente de cet alcool a permis des recettes de 3,074 milliards CAD à la SAQ, en 2016. Pourtant, les gens ne vont pas travailler en était d’ébriété. Les femmes ne virent pas de brosses enceintes. Les parents n’achètent pas une 24 à leur ado toutes les fins de semaines. Les gens ne boivent pas dans les parcs. Les gens ne boivent pas dans les lieux publics où il est interdit de boire.

Certes, vous me direz que certaines personnes le font. Mais elles ont des conséquences, non? La populace moyenne, elle, sait se tenir, même si on peut débourser moins cher pour une bière au dépanneur qu’une bouteille d’eau à l’épicerie! Pourquoi est-ce que ce serait différent pour la marijuana? Parce que c’est légal, vous pensez que tout le monde va se mettre à fumer tout le temps et partout? Voyons, cessons de généraliser et de vivre dans la peur!

 

Une question de valeurs… et d’éducation

Moi, je ne consomme pas de marijuana. Je n’en ressens pas le besoin. Et ce n’est pas parce que c’est difficile à trouver – je pense qu’on connait tous, de près ou de loin, quelqu’un qui consomme cette herbe. Ce n’est pas parce que j’avais peur du côté illégal de la chose. J’en n’ai juste pas besoin. Pourtant, j’ai de bons amis qui en consomment, plus ou moins régulièrement. Mais pas moi. Et ce n’est pas parce que c’est légal depuis aujourd’hui que je vais me garocher au premier magasin en vendant pour me rouler un joint dans ma cours. Et je ne suis certainement pas seule ainsi; dîtes-vous bien que ceux qui voulaient fumer avant le faisaient même si c’était illégal. La différence, c’est qu’ils fumaient du pot mauve, du pot cheap, du pot les rendant malades. Ils fumaient plus en cachette, de peur de se faire arrêter. Mais ils fumaient. Et ils continueront à fumer. Mais auront maintenant accès à un produit supervisé. Vont-ils tous se tourner vers le pot vendu en succursale? Peut-être pas. Mais au moins, il sera offert à tous ceux et celles qui désirent consommer avec précaution, ou à ceux qui, maintenant devenu légal, auraient envie d’essayer quelque chose de léger. Par curiosité, quoi!

Et les jeunes, là-dedans? Ce sera aux parents d’assumer leur rôle… de parents. Éduquons nos jeunes. Ayons des discussions avec eux. Certes, le parent qui achète déjà de la bière à son flot de 15 ans est peut-être plus susceptible de lui procurer du pot. Mais le problème, c’est ce parent, justement. Pas le pot en soi.  Si personne ne leur fournit d’alcool, de drogues, de cigarettes… ces jeunes-là, d’âge mineur, ne devraient pas être en mesure d’en consommer. Nous avons une responsabilité sociale, et un travail énorme à faire à ce sujet, j’en conviens… mais quand même! Dîtes-vous bien que même la semaine dernière, un jeune qui voulait se procurer un peu de pot pouvait le faire très facilement! Il demeurera illégal pour eux d’en consommer; s’ils commencent à fumer dans la rue, ils devront assumer les conséquences!

Même chose pour les femmes enceintes. J’ai vu dernièrement plein de campagne de sensibilisation par rapport à la consommation et à la grossesse. Je pense que toute mère qui se respecte et respecte son enfant fera naturellement ce qui est le mieux pour lui; ne boira pas et ne consommera pas de drogues, même si elles sont légales. Et celle qui le font l’auraient fait de toute façon, j’en suis convaincue.

En conclusion

Je pense qu’avant de paniquer, prenons du recul et voyons comment nous pouvons réagir face à cette légalisation, sans perdre la tête. Nos amis les Hollandais le font depuis 1976 et à ma connaissance, tout est bien régi et supervisé.

 

Un peu plus sur l’auteure

Marie Quirion

Bonjour! Alors…Marie Quirion, c’est qui? Eh bien voilà: je suis une enseignante d’anglais depuis 2008, mais qui enseigne également en entrepreneuriat, en citoyenneté numérique et média, et en ECR. À temps partiel, je peux également me qualifier d’infirmière, de psychologue, de cuisinière, de ménagère, de traductrice, de clown, de coiffeuse, de maquilleuse, de taxi driver, de coach… Je suis une femme occupée, ma foi! Mais le rôle qui me définit le plus, celui que je comble depuis début 2010, ne fait pas partie de la liste ci-dessus. Effectivement, j’ai “oublié” de mentionner que j’étais également la mère de trois bundles of joy: Félix (8 ans, 2010), Zoë (7 ans, 2011) et le p’tit dernier, mais non le moindre, Léo (6 ans, 2012), aussi appelé Nidas. Comme dans Léonidas, le roi Sparte. Vous savez, celui qui aimait se battre? Bien c’est lui. Mais on y reviendra, si vous le voulez bien! Heureusement, mon mari et moi formons une bonne équipe qui ne peut être abattue aussi facilement que les personnages dans 300… ! Alors voilà, je vous parlerai de sujets qui me tiennent à cœur, qui me passionnent, qui me choquent ou tout simplement qui me passent par la tête au moment où je suis assise pour écrire! Au plaisir de discuter avec vous!

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