3 avril 2019

Faire l’école en nomades…

La scolarisation à la maison, aussi appelée « homeschooling », est un mouvement qui prend de l’ampleur depuis une dizaine d’années. Un article du Journal de Québec du 30 mars 2017 présente les statistiques du Ministère de l’éducation du Québec (MÉES): en 2007, ils étaient 788 enfants à être scolarisés à la maison; les chiffres de 2015-2016 en dénombraient 1928. En dix ans, le nombre d’enfants a donc plus que doublé. On peut croire que les statistiques plus récentes suivent probablement une tendance semblable. Dans le reste du Canada, et même en France, on observe le même phénomène. 
Les raisons alléguées pour scolariser les enfants à la maison sont variées, telles que le manque de service pour des enfants à besoins particuliers, une insatisfaction globale du système éducatif, une incompatibilité avec le mode de vie de la famille, etc. Dans notre cas, comme nous ne sommes pas en territoire québécois pour toute une année scolaire, nous ne serions pas tenus de scolariser les enfants. Toutefois, quand les deux parents sont enseignants de formation, les enfants ne peuvent pas s’en sortir aisément! 😉 Je tiens à préciser que lors des préparatifs de notre voyage d’un an, nous nous étions auparavant assurés que les enfants n’éprouvaient pas de difficultés scolaires et que leur année d’avant-départ soit réussie avec brio. De plus, nous avions planifié stratégiquement l’âge des enfants pour ce long périple: deuxième année du primaire et deuxième secondaire. Nous ne voulons pas prétendre que ce ne sont pas des années importantes du parcours, mais nous croyons qu’avec une 1re année du primaire terminée avec succès et une entrée au secondaire bien réussie, leur 2e année serait plus facile à gérer étant à distance. 
Puisque nous sommes en ratio 1 pour 1, les filles avancent vite. La plus jeune a complété son parcours en un peu moins de 5 mois, aussi selon un volume d’heures considérablement réduit par rapport à l’école traditionnelle (environ 6 à 8 heures par semaine); on poursuit la fluidité de l’écriture cursive et les situations problèmes de mathématique, les complémentaires… La plus grande, elle, a plus de matières à parcourir. Après 7 mois de voyage, elle a environ 75% de son curriculum de complété. Elle est très autonome et responsable. Tous ses livres sont sur son iPad et elle lit et complète chaque cahier numérique, du début à la fin. Nous validons bien sûr, nous motivons, mais tout semble bien aller. Nous avons pu également compter sur la collaboration de certains collègues enseignants. Nous lui concoctons aussi des exercices et des tests de validation. Les ressources éducatives trouvées sur le web sont souvent très pertinentes, tel le populaire site Allo Prof (www.alloprof.qc.ca), vraiment bien conçu. Nous sommes conscients des lacunes pédagogiques comme les laboratoires, les productions orales devant un groupe ou certaines techniques sportives, mais nous croyons que cela est récupérable et qu’il y a tant d’autres choses que les filles auront apprises en voyageant!
Somme toute, notre expérience est positive jusqu’à maintenant, vu notre situation particulière temporaire. Toutefois, je crois personnellement que de mener à long terme une scolarisation à la maison de bonne qualité relèverait d’un véritable exploit. 
Pour nous, le test de validation de qualité d’éducation faite cette année se déroulera à partir de septembre prochain, alors que les filles regagneront les bancs d’école. Nous nous attendons à des ajustements, nous les supporterons en cas de difficulté, mais aussi, nous appuierons les enseignants qui feront avec elles un précieux travail pendant toute l’année. 

Un peu plus sur l’auteure

Annie Gagnon
Étant enseignante de français de formation, je modéliserai ma description à celle d’un article de dictionnaire ou d’encyclopédie, digne d’aucune bibliothèque ou maison d’édition!
Annie Gagnon, nom féminin des plus communs. (1974-…)
Famille: Mariée au même homme depuis 17 ans, maman d’Elizabeth, 13 ans, et de Delphine, 7 ans.
Fonctions: maman et épouse, enseignante de français et de géographie au secondaire, puis récemment directrice.
Caractéristiques: sportive souvent en défaite de temps, gourmande régulièrement en manque de sucre, épicurienne assoiffée de bons verres partagés entre amis, et rarement rassasiée de l’intérêt suscité par les gens et les choses qui l’entourent.

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