12 septembre 2017

Ahhh la rentrée… vue par un prof!

Il y a une dizaine de jours, les élèves de tous les coins du Québec ont fait ce que font les jeunes depuis des centaines d’années: ils ont vécu leur rentrée scolaire. Le sac à dos bien plein, portant de nouvelles chaussures et une tenue soigneusement choisie pour cette première journée, des milliers d’enfants âgés entre 5 et 17 ans ont pris le chemin de l’école pour la première fois de l’année scolaire. Alors que pour certains, ce moment génère de la joie, du bonheur – de retrouver des amis, de revoir certains enseignants qu’ils aiment particulièrement ou de prendre l’autobus jaune -, pour d’autres, un mélange d’anxiété, de peur et de tristesse se fait ressentir.

Il faut se le dire: l’école n’est pas agréable pour tout le monde, bien qu’elle devrait l’être. Pour certains, la séparation des parents crée un malaise difficile à gérer. D’autres ne se sentent jamais à la hauteur, victimes d’anxiété de performance.

 

Ce qui n’aide pas, je vous l’avoue, est que parfois, ces sentiments désobligeants sont générés ou nourris par les parents. Des parents qui disent ouvertement être en désaccord avec des décisions de l’école, des parents qui ne se contentent pas d’un 85%, des parents qui diront toujours que leur enfant peut -et doit-  faire mieux (même si l’enfant a fait de son mieux!)…

 

Je vis la rentrée scolaire comme parent pour la 2e fois cette année, mais pour la 9e fois en tant qu’enseignante. Et je peux vous garantir que je fais attention à ce que je dis devant mes enfants! Par le biais de cette série de publications, j’aimerais que la prof en moi puisse dire aux parents que vous êtes, ou que vous serez, ce que représente réellement la rentrée, pour nous… et pour vos enfants.

D’abord, attaquons un sujet qui semble causer de réels cauchemars dignes de films hollywoodiens pour plusieurs parents… vous devinez lequel?

 

LE ?%&$% DE MATÉRIEL

Dès le mois de juin, la plupart des parents reçoivent les listes d’articles scolaires nécessaires pour l’année scolaire suivante. Dès le mois de juin, j’entends et lis des commentaires de parents qui ne sont pas contents…  qui trouvent que “ça coûte dont bien cher! C’est pas supposé être gratiissss, l’école?”… Qui considèrent les demandes des enseignants comme des caprices… Voici quelques faits qui pourraient changer votre vision de cette bien détestée liste…

 

  • L’enseignant demande des duo-tangs de différentes couleurs, pour aider les jeunes à s’organiser. Pas pour être difficile. Lorsque nous gérons 24 petits enfants de 6 ans, n’est-il pas plus simple de dire “Sortez vous duo-tang jaune” plutôt que “sortez votre duo-tang de grammaire, celui avec les listes de verbes à l’intérieur. Non pas lui, Loïc, l’autre duo-tang. Celui de grammaire. Oui, lui. Non Naomie, pas celui-là, l’autre. Non l’autre…” Pensez-y quelques secondes… Est-ce vraiment siiii pénible d’acheter 1 duo-tang rouge, 1 jaune, 1 bleu, 1 vert, et 1 mauve?

 

  • Si l’enseignant demande un type d’efface en particulier, ce n’est pas parce qu’il a un partenariat avec Staedlter…  C’est tout simplement parce qu’avec l’expérience qu’il a, il s’est rendu compte que l’efface du Dollarama (par exemple) est de moindre qualité et l’enfant, maladroit, a tendance à littéralement déchirer sa feuille en tentant d’effacer une erreur ou de recommencer un trait de crayon. Quelle déception de devoir parfois recommencer un dessin, ou de remettre une dictée déchirée… Tout ça pour que maman et papa économisent 2$… Est-ce justifié?

 

  • Et oui, on demande parfois aux parents 24 crayons à mine. 24 pour l’année. Pas pour 1 mois. Pour l’année. Qui dure 10 mois.  Ce qui représente environ 2.4 crayons par mois d’école. Considérant qu’ils écrivent tous les jours… c’est peu.

  • 2 boîtes de mouchoirs, pour 1 enfant, en 1 an… sachant qu’un enfant développe en moyenne 5 à 8 rhumes (plus ou moins intenses) par année, ce n’est rien. Et entre procurer une boîte de mouchoirs ou laver des chandails sur lesquels votre enfant se sera essuyé le nez… le choix est facile, selon moi!

 

Je pourrais encore donner plein d’exemples du genre, mais j’espère que vous comprenez mon point. Lorsqu’on prend le tout en considération, en plus du fait que l’enseignant débourse souvent de sa propre poche pour du matériel supplémentaire, pour des collants de motivation, pour des surprises diverses… je crois que ces dépenses sont justifiées. Non?

Un peu plus sur l’auteure

Marie Quirion

Bonjour! Alors…Marie Quirion, c’est qui? Eh bien voilà: je suis une enseignante d’anglais depuis 2008, mais qui enseigne également en entrepreneuriat, en citoyenneté numérique et média, et en ECR. À temps partiel, je peux également me qualifier d’infirmière, de psychologue, de cuisinière, de ménagère, de traductrice, de clown, de coiffeuse, de maquilleuse, de taxi driver, de coach… Je suis une femme occupée, ma foi! Mais le rôle qui me définit le plus, celui que je comble depuis début 2010, ne fait pas partie de la liste ci-dessus. Effectivement, j’ai “oublié” de mentionner que j’étais également la mère de trois bundles of joy: Félix (7 ans, 2010), Zoë (6 ans, 2011) et le p’tit dernier, mais non le moindre, Léo (4.5 ans, 2012), aussi appelé Nidas. Comme dans Léonidas, le roi Sparte. Vous savez, celui qui aimait se battre? Bien c’est lui. Mais on y reviendra, si vous le voulez bien! Heureusement, mon mari et moi formons une bonne équipe qui ne peut être abattue aussi facilement que les personnages dans 300… ! Alors voilà, je vous parlerai de sujets qui me tiennent à cœur, qui me passionnent, qui me choquent ou tout simplement qui me passent par la tête au moment où je suis assise pour écrire! Au plaisir de discuter avec vous!

Pour voir les autres articles de Marie c’est ICI!

 

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