18 septembre 2017

Votre enfant n’aime pas l’école? Mais vous… qu’en pensez-vous?

Je suis enseignante au secondaire, dans une superbe institution où j’espère enseigner jusqu’à mon tout dernier cours. Pourquoi? Pas seulement parce que je m’y sens bien, que j’ai des superbes collègues qualifiés, intelligents et motivants… pas seulement parce que la direction est avec nous et non pas contre nous. Pas seulement parce que j’ai du plaisir à aller travailler (oui oui! il est possible d’avoir du plaisir au travail!)… Mais aussi parce qu’on a des jeunes qui, pour la majorité (car dire la totalité serait quand même faux…. il y a toujours quelques exceptions!) de nos élèves sont motivés et veulent réussir. Nos élèves comprennent l’importance des études, viennent en récupération et travaillent fort pour obtenir de bons résultats.

Par contre, il est important de réfléchir sur cette motivation. D’où vient-elle? Bien sûr, nous tentons, en tant que membres du personnel de l’école, de les motiver le plus possible, en variant nos activités, en diversifiant nos stratégies pédagogiques, en utilisant la technologie… mais ce n’est pas suffisant. Lorsque nous recevons vos enfants, au secondaire, nous pouvons déjà discerner qui aime l’école, qui n’aime pas cela particulièrement, qui sera plus difficile en classe, pour qui nous devrons renforcer le soutien (ou l’encadrement)… Des fois, nous le percevons, comme un 6e sens… Mais des fois, l’élève nous le dit lui-même, comme s’il s’agissait d’un fait bidon… “Je m’appelle Mathieu, ma couleur préférée est le vert. Ah, pis je déteste l’école; c’est plate”.

Ces mots sont lourds, et en tant qu’enseignante, je me lance toujours le défi personnel de faire aimer l’école (ou du moins, faire moins détester l’école!) aux élèves qui me le mentionnent si ouvertement. Encore là… Seuls eux pourraient vous dire si je réussis ce défi année après année, par contre…

Tout part de la maison

Surpris? Eh bien, c’est vrai. L’attitude que vous aurez, dès la maternelle, envers l’école teintera l’attitude que votre enfant aura également. Effectivement, à 5 ans, âge auquel la plupart des jeunes québécois prennent la route des études pour la première fois, vous, les parents, êtes le point de repère de votre enfant. Ils vous font confiance les yeux fermés et mangeraient probablement du papier si vous leur disiez que c’était bon pour eux. Ils sont alors vulnérables, seuls à l’école, sans leur phare principal. Ils vont donc à l’école, pour la première fois, avec des préconceptions… qui ne sont pas toujours favorables! Pensez-y!

Un parent qui aime l’école

Ayez des mots positifs envers non seulement le système scolaire québécois, mais envers l’école que fréquente votre enfant. Votre enfant doit savoir que vous faites confiance aux membres du personnel qui y travaillent. Après tout, votre chérubin passera davantage de temps avec eux pendant les 10 mois d’école à suivre; aussi bien qu’il se sente en confiance dès le début.  Si vous mettez ouvertement en doute les décisions prises, ou ridiculisez les actions de l’enseignant avec des “il ne sait pas de quoi il parle”… eh bien votre enfant pensera qu’effectivement, les enseignants ne savent pas de quoi il parlent… ce qui leur enlève énormément de crédibilité. Parlez d’eux positivement, vantez-les, même! Et si vous ne ressentez pas d’enthousiasme envers votre école de quartier, communiquez avec la direction/l’enseignant… ou changez de quartier!

 

 

 

Une collaboration du tonnerre

La réussite de votre enfant ne repose pas uniquement sur ses capacités intellectuelles. Oh que non! Toute l’équipe-école travaille en collaboration pour aider tous les enfants à réussir, peu importe les besoins personnels de ces enfants. Mais les parents font partie de pierre angulaire de la réussite. Le soir, démontrez votre intérêt envers ce que votre enfant a fait à l’école. Et n’oubliez pas: il n’a pas joué; il a appris à collaborer. Il n’a pas dessiné; il a travailler sa motricité fine. On ne lui a pas lu une histoire; on a allumé sa créativité… Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir des activités ludiques!

Les devoirs et leçons

Les devoirs et leçons ne font pas l’unanimité; j’en conviens. Il revient à chaque enseignant d’en décider la fréquence, la quantité… Mais il revient à chaque parent de se plier à ces “demandes” et à le faire positivement. On ne se débarrasse pas des devoirs (comme certains disent); on les complète. Et on a du plaisir à le faire. Voici quelques trucs que j’ai développé pour survivre, en quelque peu, aux devoirs de mes deux écoliers. Gardez en tête que j’ai trois enfants, je travaille, mon mari n’est que rarement à la maison et nous ne mangeons pas d’aliments préparés en usine (donc la préparation de repas est parfois plus longue!).

1- Ayez une attitude positive envers les leçons et devoirs. Ceux-ci existent pour consolider les notions acquises en classe. La mémoire est une faculté qui oublie… sauf quand on la travaille! Voyez donc les bienfaits des leçons, et ne dites pas à votre enfant des trucs du genre de “ah moi aussi je déteste les devoirs”, “Ben là, c’est niaiseux comme  devoir”, “Aweye, on va faire ça vite, là”… Si vous dites cela, votre enfant se donnera le droit de le dire également… et finira par y croire!

2- Choisissez un moment opportun. Un moment où vous êtes calme, mais que votre enfant est également réceptif. S’il arrive de l’école à 15h15, faire les devoirs à 15h20 n’est peut-être pas l’idéal. Ici, fiston est optimal au retour de l’école, alors que fillette doit décrocher… alors j’en fais à 15h30 avec fiston, et à 18h00 avec fillette. De plus, je suis assise à la table avec eux pendant leurs devoirs. Je ne suis pas debout à faire à manger, ou en train de jouer avec les deux autres. Quand ils seront plus vieux, ils pourront choisir eux-mêmes le moment opportun et je pourrai vaquer à mes occupations. Ils auront compris, alors, l’importance des devoirs et leçons… et j’ose espérer qu’ils seront autonomes dans cet aspect de leur vie.

3- N’en faites pas plus que ce qui est demandé. Si on demande à ce que votre enfant écrive des mots de vocabulaire 3 fois par semaine, c’est 3. Pas 5 fois. Si on demande 10 minutes de lecture, c’est 10 minutes. Pas 30 (sauf si votre enfant le veut  #reading_is_good). Si on demande de faire 10 exercices de mathématiques,  n’en demandez pas 20 à votre enfant. J’entends certains parents dire qu’ils en ont pour 1h au primaire et 2-3h de devoirs par soir au secondaire… euhh, non. C’est trop. Validez avec les enseignants, car c’est trop. Et si c’est ainsi chaque soir, vous serez tannés. L’enfant aussi… Et vous le direz ouvertement. Merci de maintenant relire le point 1 de cette section…

4- Soyez attentif. En démontrant de l’attention à votre enfant, non seulement vous le valorisez, mais vous l’encouragez à continuer.

Donc ici, les devoirs, c’est comme pendant les repas. Il y a de la p’tite musique qui joue en background, le cellulaire de maman est serré loin, il n’y a pas de tablettes, pas de télé… juste mon enfant qui me démontre ses acquis, et une maman qui l’écoute attentivement. D’où l’importance du point 2

 

 

 

 

 

5- Variez les activités. Vous devez lui faire écrire des mots (sans preuve d’étude)? Pourquoi ne pas utiliser un tableau noir, du papier, des lettres de journal découpées, de la craie… en variant ainsi, l’enfant ne ressentira pas la répétition et verra le tout davantage comme un jeu… Utiliser des billes pour calculer les mathématiques, dicter-lui des phrases rigolotes… Amusez-vous! Apprendre est important mais beaucoup plus productif quand on s’amuse en même temps!

En résumé, l’importance qu’accordent les parents aux leçons a une incidence sur la position de l’élève sur le sujet. L’attitude du parent vis à vis l’école influence l’attitude de l’enfant.

Tout part de la maison.

Soyez donc un parent qui motive, qui aime (ou fait très bien semblant!) l’école et qui encourage (ça, ne faites pas semblant!) son enfant dans la réussite.

Un peu plus sur l’auteure

Marie Quirion

Bonjour! Alors…Marie Quirion, c’est qui? Eh bien voilà: je suis une enseignante d’anglais depuis 2008, mais qui enseigne également en entrepreneuriat, en citoyenneté numérique et média, et en ECR. À temps partiel, je peux également me qualifier d’infirmière, de psychologue, de cuisinière, de ménagère, de traductrice, de clown, de coiffeuse, de maquilleuse, de taxi driver, de coach… Je suis une femme occupée, ma foi! Mais le rôle qui me définit le plus, celui que je comble depuis début 2010, ne fait pas partie de la liste ci-dessus. Effectivement, j’ai “oublié” de mentionner que j’étais également la mère de trois bundles of joy: Félix (7 ans, 2010), Zoë (6 ans, 2011) et le p’tit dernier, mais non le moindre, Léo (4.5 ans, 2012), aussi appelé Nidas. Comme dans Léonidas, le roi Sparte. Vous savez, celui qui aimait se battre? Bien c’est lui. Mais on y reviendra, si vous le voulez bien! Heureusement, mon mari et moi formons une bonne équipe qui ne peut être abattue aussi facilement que les personnages dans 300… ! Alors voilà, je vous parlerai de sujets qui me tiennent à cœur, qui me passionnent, qui me choquent ou tout simplement qui me passent par la tête au moment où je suis assise pour écrire! Au plaisir de discuter avec vous!

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